Témoignage d’une assistante de français en Allemagne




[info_box_2]Audrey a 22 ans. Elle est actuellement assistante de français à Cologne, en Allemagne. Elle nous livre en détail les préparatifs de son départ dans le cadre du programme du CIEP et la réalité de son séjour outre-Rhin. Un témoignage utile pour ceux et celles qui souhaiteraient tenter l’aventure d’assistant linguistique en Allemagne.[/info_box_2]

CursusMundus : Bonjour Audrey ! Avant tout, peux-tu te présenter brièvement ?

Audrey : J’ai 22 ans. J’ai étudié pendant 3 années la psychologie, et cette année je suis des cours par correspondance en LLCE1 Allemand, en parallèle de mon travail d’assistante. J’ai déjà connu une autre expérience à l’étranger puisque je suis partie un mois comme fille au pair à Aix-la-Chapelle durant l’été 2009.

CursusMundus : Partir à l’étranger c’était une envie ou un hasard ?

Audrey : Cela fait plusieurs années que je voulais vivre en Allemagne, l’assistanat a été l’occasion de partir en ayant déjà un travail sur place. Mais plusieurs membres de ma famille ont déjà vécu plusieurs années à l’étranger ou y sont encore, donc ce n’était pas quelque chose de totalement inconnu et infaisable pour moi.

CursusMundus : Pourquoi avoir choisi de partir en tant qu’assistante de français ? Quelles étaient tes motivations par rapport à ce job ?

Audrey : C’était avant tout la possibilité de venir en Allemagne tout en ayant déjà un travail, c’est toujours très rassurant de savoir qu’on aura une source de revenu assurée. Ensuite, être professeur de français à l’étranger est un bon plan puisque c’est notre langue maternelle qu’on enseigne ! Je voulais aussi avoir une expérience dans ce domaine et voir si ce métier me convenait et si je me sentais capable de le faire pendant de nombreuses années. Avant de partir en tant qu’assistante, je pensais au départ partir avec mes quelques économies et trouver un travail sur place. C’était risqué, mais finalement je n’aurai pas eu à faire cette expérience, ce qui au fond n’est pas plus mal !

CursusMundus : Comment as-tu découvert cette solution de mobilité ?

Audrey : Durant mon parcours scolaire j’ai eu à deux reprises une assistante linguistique (en anglais et en espagnol), c’est comme ça que j’ai eu connaissance de ce système. Ensuite, c’est vraiment par hasard que j’ai découvert qu’en ayant fait des études de psychologie, je pouvais partir en Allemagne. Je pensais qu’il fallait obligatoirement avoir suivi des études de langue !

CursusMundus : Par où as-tu commencé tes démarches pour devenir assistante ?

Audrey : Suite à une recherche sur google, je suis tout de suite tombée sur le site du CIEP, j’ai lu toutes les informations et c’est après cela que j’ai commencé mes démarches.

CursusMundus : Comment s’est passée la phase de préparation du départ ?

Audrey : Dans le cadre du programme du CIEP, nous devons remplir un dossier avec lettres de motivation en français et en allemand, entretien sur la culture générale et entretien en allemand. Le PAD, qui est l’organisme qui gère les assistants linguistiques en Allemagne, nous contacte ensuite une première fois par mail pour nous dire si oui ou non nous sommes acceptés comme assistants, et si oui, dans quelle région nous serons. Nous recevons quelques temps après une lettre avec notre école d’affectation, le contrat, et tous les documents nécessaires à la préparation de cette année.
En ce qui me concerne, c’est la responsable des assistants de mon gymnasium (collège) qui m’a contacté en premier. Nous avons eu un entretien téléphonique quelques mois avant mon départ pour discuter de mon arrivée en Allemagne. Une fois que j’ai su ma ville d’affectation, j’ai tout de suite cherché une colocation sur les sites allemands www.studenten-wg.de et www.wg-gesucht.de, colocation que j’ai eu la chance de trouver en quelques jours. J’ai ensuite pris mon billet de train et quelques semaines après, c’était le grand départ pour l’Allemagne !

CursusMundus : As-tu suivi une formation ou un stage avant ton départ ?

Audrey : Il y a en effet un stage obligatoire de 3 jours juste avant le début de l’assistanat, en Allemagne. Cela nous permet d’avoir des informations sur toute l’année qui est à venir (cours à préparer, démarches administratives, etc.) mais c’est aussi une bonne façon de rencontrer les autres assistants. Et puis, quelques anciens assistants sont là, pour répondre à toutes les questions sur l’Allemagne et notre travail. Donc c’est un stage court mais bien utile et bien organisé.

CursusMundus : As-tu signé un contrat pour partir et quelle démarche as-tu dû effectuer pour résider en Allemagne ?

Audrey : Ce n’est pas réellement un contrat que l’on signe, juste une feuille sur laquelle on confirme qu’on viendra cette année dans cette école. Nous avons aussi une sorte de convention qui nous sert de preuve de ce travail pour toutes les démarches en France ou en Allemagne, mais surtout en Allemagne car le document est en allemand. Pour ce qui est du logement, en tant que ressortissants européens, nous n’avons pas besoin d’un permis de travail. Par contre, nous devons aller à la mairie de notre ville ou quartier pour nous enregistrer.

CursusMundus : Ton arrivée sur place s’est-elle bien passée ?

Audrey : Ma nouvelle colocataire était venue me chercher à la gare et par chance, elle parlait très bien français. Pour le premier jour, avec tout le stress accumulé, c’était très bien ainsi. Et puis, quand on arrive dans un endroit qu’on ne connait pas, c’est aussi rassurant d’avoir un guide, surtout quand on a plusieurs valises et sacs avec soi !

CursusMundus : Quelles tâches effectues-tu en tant qu’assistante dans un gymnasium ?

Audrey : Nous devons travailler 12h par semaine. Pour ma part, j’ai toujours le lundi de libre et le vendredi une fois sur deux. Mes tâches sont assez variées: jeux avec les plus petits, lecture, théâtre, cours « classique » de langue, préparation à des examens, etc. En tant qu’assistant, on a la possibilité de faire beaucoup de tâches variées, ce qui est intéressant pour nous et motive les élèves.

CursusMundus : En terme de rémunération, comme cela se passe-t-il ?

Audrey : Nous recevons notre « bourse » du PAD. Nous touchons 800€ par mois ce qui est largement suffisant pour bien vivre, même dans une ville comme Cologne qui est la 2e ville la plus chère d’Allemagne! Notre temps libre nous permet aussi de pouvoir avoir un job supplémentaire à côté et donc de gagner un peu plus. Pour ma part, je n’ai eu aucun avantage en nature. J’ai eu toutefois la possibilité de m’inscrire à l’université de Cologne pour avoir le Semesterticket et ainsi payer « seulement » 400€ pour un an de trajets dans toute la Rhénanie, ce qui est loin d’être négligeable !

CursusMundus : Que fais-tu à côté de ton job d’assistante ?

Audrey : Bien sûr, ma première occupation est de préparer mes prochains cours. Sinon, je rencontre des amis, je visite d’autres villes/pays, j’apprends l’allemand bien sûr en allant dans une bibliothèque, etc. Ce ne sont pas les idées qui manquent pour s’occuper durant notre temps libre. J’ai quelques amis dans la même ville que moi, et je vois régulièrement d’autres assistants de la région avec qui nous visitons des villes ou bien nous faisons simplement des soirées ensemble. C’est toujours bien d’avoir un entourage avec lequel on peut faire des sorties, partager son expérience. Il est difficile de rencontrer des personnes dans un pays étranger, de pallier le manque de ses proches en France et on peut facilement se retrouver isolé même si pour ma part, ce n’est pas le cas.

CursusMundus : Quels sont les bons et mauvais côté du job d’assistant ?

Méloée : Les bons points sont bien sûr la vie dans un pays étranger tout en ayant un travail qui nous permet de bien vivre. En plus, c’est une excellente expérience pour celles et ceux qui souhaitent devenir professeur en France ou à l’étranger.
Par contre, je trouve cette expérience courte (7 mois), nous faisons à peine une demi-année scolaire, il me semble qu’il serait plus intéressant de faire une année entière.
Autre point négatif, nous ne parlons souvent que le français. Avec nos élèves, nous devons normalement leur parler uniquement en français et avec les collègues, certains d’entre eux sont heureux de pouvoir exercer leur français avec un natif. Bien sûr, pour nous c’est plus simple et ça nous permet souvent de pouvoir nous exprimer pleinement. Mais l’année d’assistanat n’est à priori, pas celle où l’on fait le plus de progrès dans une langue étrangère.

CursusMundus : Pour terminer, quels conseils donnerais-tu aux futur(e)s assistant(e)s ?

Méloée : D’avoir déjà de bonnes bases dans la langue du pays d’accueil ! Certains viennent en Allemagne sans parler allemand, et c’est difficile car même en ayant un bon niveau, on ne comprend pas forcément les questions des élèves (qui apprennent parfois le français depuis un an) ou on ne peut pas bien leur expliquer quelque chose.
Je conseillerai aussi de bien discuter avec son école, avant l’arrivée, de ce qu’ils attendent de vous, afin d’éviter les mal-entendus et de vous préparer correctement.
Et aussi, être sûr de vouloir partir ! Certains ne profitent pas de cette expérience car finalement, ils sont partis « comme ça » mais ne sont en fait pas prêt/fait pour vivre dans un autre pays que la France, loin des proches, etc. Du coup, ils vivent une mauvaise année.

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