Témoignage d’une étudiante française au Quebec [CREPUQ]




Marion avait 22 ans quand elle a pu bénéficier du programme d’échange CREPUQ. Un programme qui lui a permis d’étudier durant un an à l’Université de Sherbrooke au Quebec.

CursusMundus : Bonjour Marion ! Tu es partie étudier à l’Université de Sherbrooke pour réaliser ton Master . Partir au Canada, c’était une réelle envie ou un hasard ?

Marion : J’ai toujours eu envie d’étudier à l’étranger. J’étais surtout attirée par les pays anglo-saxons. Je pense que ce désir de partir était là depuis le collège. Dans ma formation, il n’y a pas beaucoup de possibilités d’échange, l’enseignement de l’édition est assez exceptionnel dans les pays en dehors de la France en Europe. Montréal s’est imposée à moi puisque c’était le seul accord que mon université avait pour mon diplôme, mais ça a été tout de suite très enthousiasmant comme destination.

CursusMundus : Tu es partie dans le cadre d’un accord CREPUQ entre ta fac et l’Université de Sherbrooke. Quelles ont été les démarches à faire ?

Marion : Autant être honnête, c’est un véritable parcours du combattant lorsqu’on part en échange. Surtout au niveau de l’université de départ ! J’ai donc posé ma candidature auprès du professeur de mon université en charge de l’échange. Je l’ai vu en entretien et lui ai fait part de ma motivation à partir au Canada. J’ai dû aussi lui montrer que j’avais une connaissance du milieu québécois dans mon domaine. Et surtout que je ne partais pas pour une année de vacances. Il a également étudié mes notes. Nous étions plusieurs à vouloir partir et les notes ont joué dans le choix des participants à ce programme. Dommage car la motivation à bien vivre son expatriation ne se voit pas aux notes… Une fois sélectionnée j’ai rempli un dossier à envoyer à l’Université de Sherbrooke avec mes motivations pour venir et mon choix de cours. Je n’ai pas eu à passer de test de langue puisque mes cours étaient tous en français (nb : l’Université de Sherbrooke est une université francophone). Pour toutes ces démarches j’ai dû passer via le Bureau des Relations Internationales de mon université. Ils étaient là surtout pour s’assurer qu’on envoyait les bons papiers à l’Université de Sherbrooke.
Tout a commencé en janvier pour une rentrée en septembre, donc ça donne 9 mois de démarches (bien sûr on n’envoie pas des papiers pendant 9 mois!)

CursusMundus : Comment as-tu financé ton année au Canada ?

Marion : J’ai eu la chance d’avoir un appui financier de mes parents pour tout ce qui concernait le logement, la nourriture, l’inscription à l’université en France, les manuels de cours et aussi quelques extras (vêtements d’hiver surtout car il est nécessaire de s’équiper lorsqu’on vient pour un échange au Canada, le climat est vraiment différent du climat français). L’année d’avant j’étais en apprentissage et je vivais chez mes parents, j’ai donc mis un maximum de côté pour profiter de mon année et visiter le pays. Car même si ce ne sont pas des vacances, où est le plaisir à venir en échange dans un autre pays si on ne peut pas se balader un peu ?

Il existe pour chaque région de France des bourses pour la mobilité des jeunes (attention certaines régions sont généreuses, alors que d’autres sont carrément radines!) et dans certaines universités il y a des programmes de financement également.

CursusMundus : Faut-il un visa pour étudier au Canada ? Si oui, lequel ? Quelles sont les procédures pour l’obtenir ?

Marion : Pour étudier au Québec il faut faire une demande de Certificat d’acceptation au Québec (CAQ). Une fois ce certificat obtenu il faut demander un permis d’étude. C’est donc en deux étapes et ça prend environ 2 mois. À chaque demande, on paye une centaine d’euros. Ces demandes sont à faire auprès de l’Ambassade du Canada en France. Il faut à chaque fois fournir un certain nombre de document (la lettre d’acceptation par l’université d’accueil, un extrait du casier judiciaire, une preuve de ressources financières, etc.)

CursusMundus : A quelle date es-tu partie et quand es-tu revenue ?

Marion : Je suis partie le 20 août 2009 et mes cours commençaient le 31 août. Je suis revenue fin septembre 2010, mes cours se terminaient fin avril 2010 mais j’ai effectué un stage tout l’été à Montréal, c’était prévu avec mon université française.

CursusMundus : Dans quel type de logement résidais-tu ?

Marion : J’ai habité en colocation dans un appartement tout le long de mon séjour. J’ai trouvé mon logement avant de partir sur un site internet regroupant les annonces de colocation (il est devenu payant donc je préfère ne pas le citer). Je conseille tout de même de chercher sur place. Je n’ai pas eu de mauvaise surprise à mon arrivée, mais c’est quand même mieux. On peut découvrir le quartier, voir si c’est lumineux, bien insonorisé… Surtout qu’à Montréal c’est très simple de trouver un logement, ça se fait en quelques jours. En cours d’année j’ai changé d’appartement. Je conseille de chercher sur les sites Kijiji et Craigslist. Deux sites d’annonces très populaires au Canada.

CursusMundus : Comment s’est passée ton arrivée sur place ?

Marion : J’ai la chance d’avoir des amis de ma famille qui habitent au Canada depuis près de 30 ans. Ils se sont donc chargés de venir me chercher à l’aéroport et de m’accueillir quelques jours. C’était assez rassurant je dois dire. Mais beaucoup de mes amis sont allés dans des auberges de jeunesse et ils n’ont pas l’air d’avoir été traumatisés !

CursusMundus : Qu’est-ce qui t’a le plus marqué sur ton campus ?

Marion : Je n’étais pas sur le campus principal à Sherbrooke mais sur celui de Longueuil (ville limitrophe de Montréal). Le campus de cette université est vraiment impressionnant pour l’étudiante française que j’étais. Une tour d’une quinzaine d’étages en verre, des vues imprenables sur Montréal, des salons un peu partout pour s’installer confortablement et étudier, une terrasse, des salles de travail à la disposition des élèves, des ordinateurs neufs à la bibliothèque et suffisamment nombreux. Le bâtiment étant tout neuf, les commerces dans l’université n’étaient pas encore ouverts (librairie, vente de nourriture rapide). De plus, le campus de Longueuil commence tout juste à se développer il n’y a pas encore d’animation même si une association étudiante est présente avec une grande motivation pour développer la vie étudiante du campus.

Il faut savoir qu’au Québec une année d’étude en candidat libre (donc pas en échange) coûte minimum 2000$, ce ne sont que les frais d’inscription. C’est donc une chance de partir en échange et ça explique aussi pourquoi les conditions d’étude semblent meilleures qu’en France.

CursusMundus : Quelles sont les différences que tu as noté entre les cours en France et les cours à Sherbrooke ?

Marion : Les différences sont énormes. Les étudiants ne sont pas complexés et interviennent souvent en cours. Il se crée alors un vrai débat intéressant. On peut poser des questions au professeur et aussi partager son expérience. De plus, au Québec on tutoie ses professeurs, on les appelle par leur prénom et on a leurs adresses mails et leurs numéros de téléphone pour certains. J’ai eu une très bonne expérience, même si tutoyer un professeur a été difficile, l’habitude du « vous » depuis tout petit n’aide pas les français à se faire facilement à cette coutume.

Les professeurs sont toujours disponibles en dehors des heures de cours pour rencontrer les élèves. Un jour, j’ai passé une heure après un cours pour discuter avec un professeur du sujet de mon travail à rendre à la fin du semestre, je rencontrais quelques difficultés et il m’a vraiment aidé à m’en sortir. Je n’ai jamais eu ce genre d’expérience à l’université en France.

Il faut savoir aussi qu’au Canada, il y a beaucoup de travail personnel et surtout beaucoup de lecture. On dit que pour chaque heures cours à l’université, il y a au moins autant d’heures en dehors de l’Université pour préparer le prochain cours (lecture et travaux à rendre), et ça c’est en période normale sans examen…

CursusMundus : Comment as-tu du validé ton diplôme en France ?

Marion : Je suis rentrée fin septembre pour soutenir mon mémoire. Cela comptait pour la moyenne de mon année, mes notes de l’université québécoise n’ont finalement pas compté. Habituellement, les universités françaises convertissent les notes étrangères en notes françaises pour donner une moyenne. Ce qui a donné à mes amis français, qui venaient d’autres universités, des moyennes entre 16 et 18, chose assez exceptionnelle en France surtout en Master 1 ou en 3e année de licence.

CursusMundus : Que t’a apporté cette année à l’Université de Sherbrooke ?

Marion : Tellement plus que si j’étais restée en France. J’ai d’abord découvert un pays, un peuple et une culture différente de la mienne. Étudier à l’étranger permet de s’immerger dans un pays différent du sien et de vivre une expérience unique en son genre. On change ses habitudes de vie, loin des siens. Avant de partir on a peur, mais une fois qu’on y est ce n’est que du bonheur!

CursusMundus : Quels conseils donnerais-tu à ceux et celles qui voudraient tenter l’aventure au Quebec ?

Marion : Ne pas rester qu’entre français, le but d’une année à l’étranger est de rencontrer les habitants du pays aussi. Et puis, vivre loin de sa famille et de ses amis peut être difficile pour certaines personnes. Réfléchissez-y à deux fois avant de partir sur un autre continent. Quand on a un coup de blues à Montréal on ne peut pas prendre l’Eurostar et rentrer.

Crédits : Illustration



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